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Quatre questions à Joëlle Abou-Samra  membre de Parents en action pour l’éducation et récipiendaire du Margaux Instance de représentation
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Joëlle Abou-Samra en 5 «premières fois»

2003 : Première fois à Montréal

2006-2007 : Premiers pas à l’école, en même temps que ses filles

2009-2010 : Première mobilisation de parents, première victoire

2010-2011 : Première élection au conseil d’établissement

2013 : Première récipiendaire de l’école Laurentide et lauréate  du Margaux Instance de représentation

Bonjour Joëlle, félicitations pour ce prix ! Pourquoi est-il important ? Et pour qui est-il important ?

Ce prix est important pour moi mais aussi pour tous les parents parce qu’il est la reconnaissance de notre travail. Cette reconnaissance nous donne de la crédibilité. En plus ça facilite la relation école-parents. Recevoir le prix est une marque de confiance et signifie que l’école est ouverte aux parents. D’ailleurs cette année, tous les bénévoles qui voulaient participer à la soirée ont été invités pour l’effet d’exemple. C’est une reconnaissance plus grande des bénévoles, c’est aussi une occasion de fêter ensemble. C’est moi qui reçoit le prix mais cet honneur rejaillit sur nous tous, parents et école.

Ce prix a aussi de l’effet sur les enfants. Il leur donne de la fierté pour leur école. Mme Gariépy, la directrice, m’a présentée aux enfants en disant que j’avais gagné le prix parce que j’étais bénévole à lé’cole et sur d’autres comités depuis plusieurs années. J’ai insisté sur la persévérance, sur la réussite du travail d’équipe, du dévouement et de l’engagement.

Pour moi, ce prix me motive davantage. Il m’ouvre d’autres portes. Cette reconnaissance me confirme que je suis sur le bon chemin. Il est la preuve que ce que je fais est utile et que je pourrai porter mon action et mon engagement plus haut et plus loin.

Quel chemin parcouru depuis l’entrée en maternelle de vos filles ! Finalement, vous avez fait votre apprentissage en même temps elles !

Oui c’est vrai. J’ai commencé comme bénévole à la maternelle de mes filles à l’école Laurentide. Je voulais en apprendre plus sur leur école.

J’ai été bénévole pendant 3 ans avant de me faire élire au . Ce qui a été marquant pour moi, dans mon histoire d’implication, c’est notre action envers la restructuration du bassin.

Dans chaque école les élèves viennent d’un territoire défini à l’avance. C’est ce que l’on appelle le bassin. En 2009, la commission scolaire a voulu restructurer le bassin de notre école. Concrètement, cela voulait dire que, l’année suivante, nos enfants allaient devoir changer d’école pour être divisés et intégrés dans d’autres écoles du territoire , quitter leurs habitudes, leurs amiEs. Et tout ça avec peu de consultation et de concertation ! Nous avons été misEs devant le fait accompli lors de l’assemblée générale la Commission scolaire et de l’école au mois de septembre. J’ai eu l’idée de faire une pétition pour les parents de notre école.

J’ai cogné aux portes pour récolter des signatures et  j’ai présenté la pétition au qui m’a appuyée et a voté une résolution. Au bout du compte, on a récupéré 300 signatures.

On a demandé des audiences partout : Conseil des commissaires, comités de parents des instances démocratiques,etc…  La Commission scolaire nous a écoutés. On a eu gain de cause !

On était fierEs ! Et l’école avec nous !

Vous décidez alors de vous présenter pour siéger au Conseil d’établissement de votre école. Pourquoi ? Comment jouez-vous votre rôle ?

Cette mobilisation nous a donné de l’élan. Dans la foulée, on a créé l’OPP. En fait, on s’est aperçu que nous les parents, on constituait une force. Qu’il fallait qu’on l’utilise pour améliorer l’école. On a commencé par l’organisation de l’assemblée générale de la rentrée suivante. On voulait une assemblée avec plus de parents, qui comprennent davantage l’importance de leur rôle pour l’école. On a créé une pièce de théâtre. Plus de 150 parents étaient là !

C’est à cette occasion que je me suis faite élire. Je mesurais la puissance de notre action et je voulais continuer d’améliorer les choses, mais être davantage au cœur des décisions. Je sais écouter les parents et faire le lien entre leurs aspirations et leurs besoins et l’école. Je sentais que j’avais la responsabilité de les représenter.

J’ai donc continué d’être très présente à l’école pour écouter ce que les parents avaient à dire. A chaque fois qu’une décision importante devait se prendre au CÉ, nous avons organisé des assemblées pour consulter les parents. Par exemple, nous avons réuni les parents pour la question du port de l’uniforme. Et nous avons voté en fonction de leur recommandation.

Pouvez-vous nous décrire vos fonctions comme élue ? Car vous êtes aussi élue au Comité Régional de parents, non ?

Oui tout à fait ! J’ai été élue en 2010.

Un  parent délégué, un parent élu, ça sert à porter le changement dans l’école et l’approche entre parents-parents et équipe école-parents. Mon premier objectif est d’améliorer la communication entre les parents et l’école. Pour cela, je dois être très présente à l’école. Je vais à la rencontre des parents dès qu’il y a une occasion. Les parents peuvent aussi me joindre en demandant mon courriel ou mon numéro de téléphone au secrétariat. Je suis ensuite la porte-parole des parents lors des réunions de CÉ. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, notre responsabilité est aussi d’organiser des consultations lorsque des décisions doivent être prises.

Mais comme je suis élue au Comité Régional de parents, je rapporte aussi les préoccupations des parents à ce niveau-là, si ces préoccupations ont un intérêt général et ne concernent pas que notre école. Puis, j’ai fait le choix d’être déléguée au Comité Central de parents qui est l’instance parentale la plus haute et qui représente les parents sur le territoire de la CSMB.

Je vais vous donner un exemple des dossiers que l’on traite au Comité Central pour que vous compreniez mieux notre rôle. Les assurances voyage au secondaire étaient décidées sans que les parents soient consultés. On ne savait pas ce que l’on payait, à quels services on avait droit. Le comité central de parent a obtenu de la Commission scolaire, d’être consulté avant le prochain appel d’offre.

Merci Joëlle ! Pour vous, quelles sont les qualités essentielles pour unE représentantE de parents ?

Ah, ah ! Du courage, je dirais ! Et puis le sens de l’écoute et du bien commun. Moi, ça me passionne de jouer ce rôle. Je crois que je peux apporter un changement pour une école plus juste et ça me donne des ailes ! Même si c’est difficile, s’il y a des obstacles à surmonter nous, les parents, sommes vraiment une force sur laquelle l’école peut s’appuyer. Mais je l’ai appris, petit à petit, je n’avais pas cette conviction en moi au début. C’est de l’avoir vécu à travers différentes mobilisations que je l’ai sentie !